À quelques jours de la fête de Tabaski, si les parcs à bétails de la capitale Bamako regorgent de mouton, les clients quant à eux se font désirer. Les difficultés économiques et le prix des moutons sont passés par là.
La famille Mariko au grand complet est venue ce matin s’acheter le mouton pour la fête de Tabaski au parc à bétail de Sabalibougou en commune V du district de Bamako. Ousmane Mariko, le plus âgé des enfants à ses préférences. « Je veux que Papa achète un gros mouton pour cette fête » ses mots sont accompagnés par un acquiescement de la tête de ses deux autres frères.
Mais avec des prix qui oscillent entre 100 mille et 250 mille, le père de famille peine à trouver un mouton qui va satisfaire ses enfants. Depuis plus de deux heures, il fait des allers et retours entre vendeurs qui semblent s’être passés le mot. C’est cher partout. Et pour ajouter à la pression, Madame Mariko est de la délégation. « Ça va être difficile aujourd’hui. Les moutons sont trop chers même plus que l’année dernière » dit le père Mariko avant de continuer les négociations.
Si les années précédentes la crise sécuritaire était l’argument servi par les vendeurs pour expliquer les coûts assez élevés, cette année ce sont les conditions d’acheminement qui posent problèmes. “On fait beaucoup de détours avant d’arriver à Bamako faute de routes. Ces détours ne sont pas sans conséquences. Nous perdons beaucoup de moutons en cours de routes“.
La récente des grèves des banques qui a duré plusieurs jours explique pour certains la rareté des clients. “Beaucoup n’ont encore rien vendu depuis leur arrivée. Notre arrivée a aussi coïncidé avec la grève des banques. Maintenant que la grève est finie nous espérons très vite voir les client” espère Kassambara Mahamadou.
Au vu des prix, beaucoup de chefs de familles comptent attendre la dernière minute, avec tous les risques que cela peut comporter mais avec l’espoir que les prix vont baisser.
Mohamed DAGNOKO





