Comme une trainée de poudre, la nouvelle de la disparition de Tiébilé Dramé s’est rependue à Bamako. Il ne pouvait en être autrement pour un homme de sa stature.
Président de l’ancien parti, Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) ou encore parti du bélier blanc, Tiébilé aura été de tous les combats du Mali démocratique.
Responsable estudiantin, le natif de Nioro du Sahel aura avec des camarades, dans la clandestinité puis à visage découvert affronter le régime militaire de Moussa Traoré avec toutes les conséquences. Prison, tortures, exil auront été le lot de ce courage que lui reconnaissent même ses plus farouches adversaires.
Avec l’avènement de la démocratie en 1991, l’intellectuel qu’il était aura occupé des postes de hautes responsabilités dont celui de ministre des Affaires Étrangères et cela à deux reprises.
Tiébilé le syndicaliste, le militant et le chef de parti fut aussi journaliste. Il est le fondateur de l’un des titres les plus emblématiques de la presse privée malienne : « Le Républicain ».
Un canard par lequel sont passés les directeurs de publications de grands quotidiens privés qui ont aujourd’hui pignon sur rue.
Les derniers soubresauts de la classe politique avant la dissolution des partis se feront sans ce tribun hors pairs, tenaillé par la maladie.
Méthodique, pointilleux il avait le don de faire sortir de ses gongs le plus réservé de ses adversaires politiques.
Lui le défenseur des droits de l’homme passé par Amnesty, lui le militant qui aura tout donné pour l’avènement de la démocratie, il faut croire qu’il n’a pas voulu assister longtemps au spectacle qu’offre un monde qui est tout ce contre quoi il s’est battu sa vie durant.
Mohamed DAGNOKO




