Dans un communiqué, la direction de l’administration pénitentiaire  et de la réinsertion de la république de Guinée informe que le commandant Aboubakar Sidiki Diakité dit Toumba est décédé ce mercredi 25 mars à 4 heures 35 minutes des suite d’une « hernie de ligne blanche étranglée compliquée d’une péritonite aiguë  généralisée ».

Si dans le communiqué il est indiqué que c’est à la suite d’un malaise survenu dans la nuit du 23 Mars qu’il a été transféré de la prison de Coyah, vers le camp Almamy Samory Touré pour recevoir les soins, il faut noter que les conditions de son extraction de la prison de Coyah, où il était détenu depuis le 10 février, dans un isolement total selon plusieurs sources, avait fait réagir l’opinion guinéenne craignant le pire pour «Toumbarek ».

Certains guinéens sont allés jusqu’à comparer son extraction de la prison de Coyah au scénario qui a prévalu à l’extraction de Claude Pivi : présence de blindés et d’hommes surarmés. Et depuis, la toile s’était fait l’échos du décès de Toumba avant que la confirmation ne tombe 48 heures plus tard.

C’est d’ailleurs à la suite de ce levée de bouclier que le procureur général, Fallou Doumbouya s’était fendu d’un communiqué pour indiquer que Toumba se trouvait à l’hôpital du camp Almamy Samory Touré.

Quels enjeux ?

Il est peu de dire que depuis le procès de l’affaire du 28 Septembre 2009, Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba avait réussi à se réhabiliter aux yeux de l’opinion même si cela ne l’a pas empêché d’être condamné à 10 ans de prison là où son principal accusateur et président au moment des faits, Moussa Dadis Camara prenait 20 ans.

Cette notoriété soudaine et surprise de celui qui avait été condamné sans être entendu n’était certainement pas du goût de tous au point d’en faire selon une certaine presse un homme « encombrant ». Encombrant pour qui et pourquoi ?

Tout compte fait, là où Dadis Camara était gracié en avril 2025 pour « raison de santé » par le président Mamady Doumbouya, Toumba devait subir des transferts entre prisons malgré son état de « santé fragile » maintes fois évoqué par ses conseils en vue  d’obtenir une liberté provisoire.

Avec sa mort, disparait avec lui l’espoir de nombreux guinéens et même d’autres nationalités de voir un jour Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba utiliser ses pieds non pas pour fuir mais pour arpenter les marches du palais présidentiel de Sékhoutouréya.

Car la réalité est que celui qui a été caricaturé comme une brute prêt à dégainer et à tirer s’est révélé être d’une lignée de fidèles gardes rapprochés de Sékou Touré à Dadis Camara en passant par Lansana Conté, un érudit de la confrérie Tijania, un homme charmant, attachant à l’humour décapant.

Un humour qui a réussi ébranler les téléspectateurs, les spectateurs et même le ministère public. Le seul resté professionnel jusqu’au bout dans ce procès aura sans doute été le président du tribunal, le juge, Ibrahima Sory II Tounkara.

Aujourd’hui à la tête du ministère de la justice, sans doute pour avoir conduit le procès du 28 Septembre de main de maître, il lui revient désormais de faire la lumière, toute la lumière sur la mort de Man Favelo Toumbarek.

Mohamed DAGNOKO