Le 17 Septembre dernier, 24 heures après la célébration de l’An un de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le jour du 64ème anniversaire de la gendarmerie nationale, une attaque terroriste d’une grande ampleur qui a secoué Bamako, la capitale malienne. Une onde de choc qui a ébranlé en plus des populations tous les acteurs qui voyaient en l’AES un outil sécuritaire qui avait pris le dessus sur le terrorisme. Passé les moments d’indignations, de condamnations et des premières décisions, analystes, observateurs et citoyens livrent une analyse à froid de cette attaque et proposent des pistes de solutions autorités de la transition pour éviter à la capitale de revivre pareil scénario.

 Dans la capitale malienne, depuis une semaine, le sujet majeur dans les grins et dans les journaux est l’attaque terroriste des points stratégiques de Bamako dont l’école de la gendarmerie nationale. En l’absence de plus d’informations, beaucoup n’arrivent pas à s’expliquer comment une institution qui célébrait son 64ème anniversaire a pu être attaquer de la sorte. L’analyste des questions sécuritaires, Paul Oula à sa petite idée.

 « Le fait que l’attaque a visé l’école de la gendarmerie est stratégique parce que ce sont des élèves qui sont là-bas. C’est un lieu d’apprentissage, les jeunes sous-officiers ne sont pas outillés sur le plan opérationnel. Le fait que le JNIM a revendiqué cette attaque ça prouve à suffisance que le djihadisme est en train de se nationaliser que les jeunes sont en train d’épouser l’idéologie »

 Au-delà des circonstances de cette attaque qui demeurent encore un mystère pour les maliens, c’est l’attente d’un bilan de la part des autorités qui demeure le second mystère. La presse locale, en prenant les précautions d’usages s’est prononcée sur le bilan. Quand elle annonce 10 terroristes tués et plusieurs autres appréhendés, elle parle d’une cinquantaine de morts dans les rangs des forces armées maliennes. Un manque d’information qui n’est pas sans conséquences selon Amadou Sacko, acteur des médias « Nous avons besoins d’informations sur l’attaque qui a eu lieu à Bamako dans notre capitale. Nous avons été touchés et donc avons besoin de savoir pour pouvoir faire confiance à nos autorités ».

 Pour les populations pour qui le caractère asymétrique de ces attaques rend la riposte difficile, il ne reste plus qu’aux forces armées et aux autorités de renforcer l’aspect sécuritaire tout en restant vigilants.

 D’ores et déjà, les autorités ont procédé à la fermeture de sept marchés à bétails. Si le communiqué annonçant cette décision n’a pas donné les raisons tout porte à croire que ces endroits sont soupçonnés d’avoir abrité les auteurs de l’attaque du 17 Septembre.

 Mohamed DAGNOKO