En moins d’une année, ce sont un parti politique, une organisation de veille électorale et trois associations dont une se réclamant de l’imam Mahmoud Dicko qui ont été dissouts par les autorités de la transition. La dernière dissoute, l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) fait de la résistance.
Ce jeudi 21 Mars, le siège de l’Association des Étudiants et Élèves du Mali sis à Badalabougou est désespérément vide. D’habitude bondé, aujourd’hui, seul le vigile et un policier occupent les lieux, conséquence de la dissolution de l’organisation le 13 Mars dernier par les autorités. Prenant connaissance des dernières évolutions judiciaires de la dissolution de l’observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali, Nouhoum Togo, membre du cadre des anciens de l’AEEM note son désaccord avec cette décision des autorités.
« Nous sommes dans un État de droit. S’il y a un excès de pouvoir, c’est au niveau du juge administratif qu’il faut attaquer la décision. Pour nous, il fallait situer la responsabilité au lieu de casser la mémoire du mouvement démocratique, le symbole du mouvement démocratique. Le président va déposer des gerbes de fleurs le 26 Mars, devant le monument des martyrs pour nous ce n’est pas bien vu ».
L’une des rares voix à dénoncer et déplorer cette tendance systémique de dissolution de partis et d’associations est la Commission Nationale des Droits de l’Homme qui estime que ces décisions sont contraires aux textes en vigueur.
« Ce sont des libertés qui sont certes susceptibles de règlementations, il y a des lois de la République qui régissent le fonctionnement des associations et les partis politiques notamment lorsque les partis ou les associations sont constitués sur la base de mouvements armés ou lorsque les populations prennent les armes contre l’État, contre le pays, ce sont des cas légitimes où on peut dissoudre mais dans d’autres cas il est souhaitable de respecter les libertés d’expressions, d’opinions et d’associations » indique, Aguibou Bouaré, président de la CNDH.
Dans une dynamique de refondation et de dialogue inter-maliens, des citoyens comprennent très mal ces décisions qui divisent plus qu’elles ne rassemblent.
« Les autorités de la transition plus précisément le colonel Assimi Goïta et ses camarades d’armes sont dans une dynamique de refonder ce pays. Pour la refondation du Mali, je pense que les associations dissoutes aujourd’hui ont leur mot à dire. Pour qu’elles ne soient pas frustrées, il faudrait les impliquer dans le processus de réconciliation » estime le journaliste, Tidiane Bamadio.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme par la voix de son président entend jouer son rôle à chaque fois que les droits de l’homme ne seront pas respectés.
« Les défenseurs de droits de l’homme ne sont contre aucun régime. Seulement les défenseurs de droits de l’homme ont pour tâche en vertu de leur mandat légale de veiller au respect et à la protection des droits de toutes personnes qui réside sur le territoire malien y compris certaines autorités à certains moments. C’est dire que le respect et la protection des droits de l’homme constituent le meilleure garantie juridique et judiciaire pour les faibles et pour les puissants ».
D’accord dans un premier temps pour se prononcer, la président de la CMAS de l’Imam Mahmoud Dicko n’a plus donné suites à nos sollicitations.
Mohamed Dagnoko





