Ce samedi 12 Avril marque une étape décisive dans la crise entre le Mali et l’Algérie. Pour dénoncer les agissements du régime algérien qui a battu un drone malien dans la nuit du 31 mars au 1 Avril et soutenir les autorités de la transition malienne qui ont porté plainte contre ce régime, des millions de maliens ont manifesté dans tout le pays et au-delà.
À Bamako c’est le Centre Internationale de Conférence de Bamako qui a accueilli les milliers de manifestants brandissant des drapeaux aux couleurs des pays de l’Alliance des États du Sahel et du Royaume du Maroc.
À Kayes, à Tombouctou et même à Paris, les manifestants ont réitéré leur soutien aux autorités de la transition malienne dans leur lutte implacable contre le terrorisme et ont salué leur courage de faire enfin face au voisin algérien qui longtemps a joué un jeu trouble dans les différentes crises du Nord Mali.
Le rappel de l’Ambassadeur du Mali, imité par les autres pays de la confédération, le retrait du CEMOC et enfin la plainte au niveau de la communauté internationale sont autant de décision « fortes » qui ont été saluées et qui méritaient selon de nombreux manifestants cette action coordonnée à l’intérieur du pays et à l’extérieur pour prendre le monde à témoin de la « détermination du peuple malien à soutenir leurs autorités contre les terroristes et leurs alliés dont l’Algérie ».
« Si nous ne sortions pas pour montrer notre soutien, beaucoup notamment ceux qui combattent la transition et sa lutte contre le terrorisme pourront prétexter que ces décisions prises ne le sont pas au nom du peuple malien mais seulement au nom des généraux eux-mêmes. Mais avec cette mobilisation réussie à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, plus personne ne pourra dire que les autorités ne jouissent pas du soutien du peuple malien » dit à bout souffle un manifestant venu de très loin pour prendre part à la manifestation au CICB.
Si jusque-là les condamnations et autres décisions prises par les autorités de la transition contre le régime algérien ont été suivies quelques rares fois de timides mobilisations, cette fois-ci il faut reconnaitre que les cris des manifestants ont resonné dans toutes les chancelleries et plus particulièrement au sein de l’Ambassade algérienne.
Le soutien du Niger et du Burkina combiné à ces manifestations vont certainement peser dans la balance diplomatique en faveur du Mali face à État algérien qui n’a pas fini avec ses contradictions et ses nombreux fronts ouverts contre ses voisins et d’autres puissances à travers le monde.
Mohamed Dagnoko





