Ce mercredi 05 Novembre, aux environs de 10 heures 50 minutes, c’est une longue file de camions citernes, chargées de carburant qui ont fait leur entrée dans la capitale malienne, Bamako.

Sous forte escorte militaire, la centaine de citernes avait passé la nuit à Bougouni, localité située à quelques 100 km de la capitale. Ce nouveau approvisionnement de la capitale est une bouffée d’oxygène pour les populations qui commençaient à craindre une rupture dans la fourniture du carburant dans les prochains jours.

En début de semaine, le comité interministériel de gestion des crises et catastrophes était réuni autour du premier ministre, le Général de Division, Abdoulaye Maïga pour plancher sur un meilleur approvisionnement de la capitale et des grandes villes du pays en hydrocarbures. Le renforcement de la sécurité sur les principales voies d’approvisionnement à travers des escortes, une meilleure répartition du carburant, les sanctions par rapport aux trafics sont entre autres mesures qui ont été débattues.

Une stratégie terroriste

Il ya quelques mois, les autorités maliennes, face au constat d’un ravitaillement assidu des groupes terroristes auprès des revendeurs de carburant notamment dans plusieurs cercles et communes de l’intérieur du pays, prenaient la décision de réglementer le secteur. Une réglementation qui a consisté à fermer les stations qui ne respectaient pas les normes. Ainsi, ce ne sont pas moins de 30 stations qui ont été fermées à Nioro du Sahel, zone sensible d’où étaient menées de nombreuses attaques contre les populations et les forces armées maliennes.

Ces mesures ont rapidement porté leurs fruits. Car, en manque de carburant, donc incapables de se mouvoir facilement pour commettre leurs forfaits, les groupes armés terroristes ont jeté leur dévolu sur les citernes qui ravitaillent le pays en carburant.

L’objectif était clair, paralyser les services, créer une grogne, amener les autorités à revoir cette mesures concernant la vente du carburant. Mais force est de constater que cette stratégie des groupes terroristes à lamentablement échoué. Car au lieu de contraindre les autorités à des négociations, ces dernières ont plutôt pris la décision courageuse de les affronter.

L’opération “Fouga Kéné” lancée dans cette dynamique et commandée par le Général Famouké Camara réalise des prouesses sur le terrain. Les images de citernes incendiées qui faisaient le tour des réseaux sociaux aux premières heures des attaques ont laissé place à des traques de terroristes par les forces armées tout au long des trajets de ravitaillement.

L’entrée à Bamako ce jour de cette longue file de citernes, applaudi par les populations, sonne comme une victoire d’étape des forces armées sur les terroristes qui avaient juré d’instaurer un blocus sur Bamako.

Mohamed Dagnoko