La 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) se déroule à Belém, dans le Nord du Brésil, depuis le 10 novembre et prendra fin le 21 novembre prochain. Plus de 150.000 participants venus de 193 pays, dont le Mali, y prennent part.
Lors du segment ministériel, qui s’est ouvert le lundi 17 novembre, la cheffe de la délégation malienne, le ministre en charge de l’environnement a déclaré la position de notre pays à ses pairs du haut de la tribune de la COP30.
<< Le Mali regrette la non-tenue des promesses faites lors des COP de Paris et de Baku >>, a déclaré Doumbia Mariam Tangara, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable lors de sa prise de parole à la tribune de la C0P 30 devant ses pairs, à Belém, en plein Amazonie au Brésil.
Alors que le Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré aux dirigeants mondiaux, lors de l’ouverture du Sommet sur le climat, que cette COP doit marquer le début d’une décennie d’accélération et de résultats, le Mali, à l’instar de bien d’autres États africains, regrette que les promesses répétées des COP de Paris en 2015 et de Baku en 2024, peinent encore à se concrétiser.
En outre, Doumbia Mariam Tangara, durant son intervention, a également regretté que les engagements sur le financement de l’adaptation, les pertes et dommages, ou encore le transfert de technologies ne sont pas encore une réalité.
Pour le ministre malien de l’Environnement, face à l’urgence climatique, la complexité de la tâche consiste à renforcer la gouvernance climatique. À cet effet, elle dira qu’il est nécessaire d’harmoniser et de simplifier les procédures d’accès, notamment de faciliter l’accès aux fonds destinés à l’action climatique.
Par ailleurs, la cheffe de file de la délégation malienne a rappelé les conséquences du dérèglement climatique qui frappent notre pays qui sont entre autres : les sécheresses, les inondations, les vents violents, les fortes variations de température.
Elle a également rappelé que sous le leadership éclairé du Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président en exercice de la Confédération des États du Sahel, les pays de l’AES sont résolument engagés dans la lutte contre les changements climatiques.
Comme solution, Doumbia Mariam Tangara, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable dira que le nexus climat-paix-sécurité, reconnu comme l’un des principaux défis du Sahel, constitue désormais une alternative crédible.
Autres solutions préconisées par le ministre Tangara sont entre autres, la vison 2063 accompagnée d’une Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (2024-2033) assortie d’un Plan d’actions pour renforcer l’amélioration du cadre de vie des populations.
Et parmi les actions réalisées ou en cours de réalisation, elle a évoqué la construction de quatre centrales solaires photovoltaïques, la réalisation de centaines de kilomètres de lignes de transport et de distribution d’électricité.
Elle a également mis un accent sur les œuvres sociales du Président de la Transition qui ont permis la réalisation de 512 forages au bénéfice des populations vulnérables.
La Forêt amazonienne au cœur des préoccupations
En effet, c’est la première fois qu’une COP se tient en Amazonie, un symbole fort pour la présidence brésilienne qui souhaite ancrer la conférence dans un espace synonyme de nature et de justice climatique.
Belém est située dans le nord du Brésil, capitale de l’État du Pará au sein de l’Amazonie. Elle reçoit depuis début novembre la 30ème conférence des parties (COP) et réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Pendant l’événement, les négociateurs, les scientifiques et la société civile se réunissent pour discuter des mesures prioritaires à prendre pour lutter contre le changement climatique.
Selon les organisateurs, la COP 30 se concentrera sur les efforts nécessaires pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C, la présentation des nouveaux plans d’action nationaux (NDC) et les progrès réalisés concernant les engagements financiers pris lors de la COP 29.
Comment préserver la trajectoire de 1,5°C : une priorité mondiale ?
Dix ans après l’Accord de Paris, le constat est alarmant : le seuil de 1,5°C de réchauffement est plus que jamais menacé. Chaque dixième de degré supplémentaire accentue les catastrophes climatiques et fragilise la stabilité mondiale.
L’un des plus gros enjeux de la COP30 sera pour les États de relever l’ambition collective à travers la soumission de leurs contributions nationales (CDN) révisées, c’est-à-dire des plans destinés principalement à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035, et accélérer la transition énergétique. Pour relever les défis, l’analyse commune des plans doit aider à mesurer le réchauffement actuel et à envisager son évolution à moyen terme. Pour les organisateurs, l’Accord de Paris prévoit une révision tous les cinq ans des CDNs, ainsi qu’une obligation d’ambition plus élevée à chaque fois.
La deuxième thématique d’importance est celle de l’adaptation, qui reste, selon les organisateurs, une priorité majeure pour les pays en développement. Cette thématique a été identifiée comme sujet d’importance par la présidence brésilienne. Il s’agira, entre autres, d’adopter pour la première fois une liste d’indicateurs destinés à suivre les progrès en matière d’adaptation au niveau mondial, et à orienter l’action climatique et le soutien.
Autres sujets importants
À en croire les organisateurs, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et un ralentissement des engagements financiers, la question du financement climatique restera également d’importance.
<< Dans le cadre du suivi du nouvel objectif collectif chiffré tel qu’établi à la COP de Bakou, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route visant à mobiliser 1 300 milliards de dollars de financement climatique en 2035, les pays en développement appellent à des engagements accrus pour soutenir tant les efforts d’atténuation que d’adaptation >>, ont-ils fait savoir.
Selon les organisateurs, un dernier sujet d’importance au Brésil est celui de la transition juste, c’est-à-dire la transition vers une économie neutre en carbone qui protège les travailleurs, soutient les communautés affectées et veille à ce que les changements nécessaires pour le climat soient socialement équitables et inclusifs. Ces discussions incluent aussi des considérations sur les dynamiques commerciales et les protections environnementales en matière d’échanges commerciaux, un sujet brûlant et sensible pour de nombreux pays.
Moussa Sékou Diaby




