Les nombreuses tentatives des groupes armés terroristes pour déstabiliser la capitale Bamako après les attaques du 25 Avril s’étant avérées vaines, ils ont jeté leur dévolu sur le pays Dogon. Le 06 et le 07 Mai les attaques de Kori- Kori et de Kourondé ont plus de 50 morts.

Malgré la visite du ministre de la réconciliation, le Général de corps d’Armée, Ismaël Wagué et du ministre de la santé, le colonel Assa Ba Diallo aux victimes pour les soutenir et donner des assurances, les terroristes ont remis ça le mardi 12 Mai. C’est le village de Kendié qui cette fois-ci a été pris pour cible.

Les attaques de ces trois villages en l’espace d’une semaine sont en passe d’atteindre l’objectif escompté par les terroristes c’est-à-dire provoquer une révolte des populations contre les autorités. Car suite à ces attaques, de nombreuses vidéos enregistrées par des leaders de la communauté et d’autres inconnus tendent à faire croire à un abandon du pays dogon par les autorités.

Il revient désormais aux autorités et à la hiérarchie militaire de trouver les voies et moyens pour contenir ce début de mécontentement au sein des populations.

Incapables de faire face à l’armée malienne, les groupes armés ont, à travers toutes leurs actions misé sur un soulèvement des populations qui sera une aubaine pour eux et leurs sponsors pour atteindre leurs objectifs.

Mais il faut croire que s’il est vrai que les populations malgré les difficultés du moment qui ont pour noms : délestages, perte d’emplois, difficultés à voyager, elles  ont su jusqu’à présent ne pas tomber dans le piège de ces groupes armés.

Déjà en novembre, avec les attaques massives contre les convois de citernes qui ont entrainé de graves pénuries à Bamako et dans plusieurs autres grandes villes du pays et son pendant de cabale médiatique, les maliens ont compris ce qui se tramait et pourquoi.

Les attaques contre les bus de transports en épargnant souvent la vie des passagers n’a pour autre objectif que de retourner ces derniers contre les autorités en place. Les dernières attaques terroristes du 25 Avril à Kati, Bamako, Gao, Sévaré et Kidal entrent dans cette même logique.

Si la reprise de la ville de Kidal devait selon leur plan sonner le glas de cette transition, il n’en fut rien, au contraire, les maliens sont aujourd’hui solidaires de leur armée qui se bat pour reprendre le contrôle de Kidal.

Si toutes les tentatives, même les plus extrêmes (détruire des hautes tensions), visant à provoquer  un soulèvement populaire ont été sans succès, les groupes armés  comptent aujourd’hui semer le doute dans la chaine de commandement des forces armées maliennes.

La dernière diffusion d’une vidéo montrant  plusieurs soldats maliens qui auraient été fait prisonniers lors de la bataille de Kidal vise à saper le moral des troupes qui aujourd’hui leur coupe le sommeil à Kidal.

Acculé à l’intérieur de la ville de Kidal, cette vidéo représente pour le Front de Libération de l’Azawad et leurs partenaires une monnaie de change. Car si la vidéo ne parvient pas à atteindre son objectif premier qui est de démoraliser les troupes elle pourra toujours leur permettre de négocier leur fuite de la ville sains et saufs. C’est cette deuxième option qui risque de se produire dans les jours à venir.

Les manifestations à Bamako et dans plusieurs villes du pays il y a une semaine pour témoigner du soutien de la population à l’armée malienne et partant aux autorités de la transition à certainement fini de faire comprendre aux groupes armés et à leur sponsors qu’il ne pourront pas manipuler cette population qui sait le danger qu’il y a à favoriser l’avènement des terroristes à la tête du pays.

Les atrocités commises  de 2012 dans les régions du Nord sont encore frais dans les mémoires.

Aly Sidibé