Boureïma Camara vit avec le diabète depuis 2015. En 2016, malgré le respect de son traitement et l’arrêt du sucre, sa glycémie reste élevée, au-dessus de 2 g/l. Inquiet, il se consulte au Centre de Lutte contre le Diabète de Bozola, à Bamako.
Le verdict du médecin est sans appel : son insuline est inefficace. “Il m’a dit qu’elle était gâtée “, raconte Boureïma. La cause : une mauvaise conservation. “Je la gardais sous un canari, enveloppée dans un tissu. Je pensais bien faire, mais la chaleur a tout détruit sans que je ne m’en rende compte. ”
L’insuline doit être conservée entre 2 °C et 8 °C avant ouverture. Une fois entamée, elle peut être gardée à température ambiante, mais sans dépasser 25 à 30 °C. Au-delà, elle perd son efficacité. Une erreur fréquente au Mali, où beaucoup de patients n’ont pas de réfrigérateur.
” Si la personne n’a pas les moyens d’en racheter, elle continue les injections sans effet, et son état s’aggrave sans qu’elle comprenne pourquoi “, alerte Boureïma.
Depuis cet épisode, il fait plus attention à la chaleur, il cherche de meilleurs endroits pour garder son insuline, et il demande toujours conseil aux agents de santé.
“La conservation de l’insuline est aussi importante que l’injection. Préserver son insuline, c’est préserver sa vie “, insiste M. Camara
Le diabète est une maladie chronique qui se traduit par un taux de sucre trop élevé dans le sang. Ses signes : soif intense, envies fréquentes d’uriner, fatigue, perte de poids, vision trouble. Si le diabète de type 1 ne se prévient pas, le type 2 peut être évité ou mieux contrôlé grâce à une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un suivi médical.
L’histoire de Boureïma rappelle une réalité : bien s’injecter ne suffit pas. Bien conserver son insuline, c’est un acte de survie.
Souleymane Coulibaly





