Moins de 24 heures après l’arrivée des forces armées maliennes à Annefis et au moment où des informations font état de la blessure de Iyad Ag Ghali et de sa prise en charge au sein de l’hôpital militaire de Tamanarasset, c’est pile ce timing que choisi l’Algérie pour annoncer l’ouverture de son espace aérien aux vols en provenance et à destination du Mali.

Ce timing est loin d’être innocent quand on sait qu’aucune négociation, en tout cas officielle, n’a été entreprise dans ce sens par les autorités maliennes.

D’ailleurs, c’est l’Algérie qui, de façon unilatérale avait décidé de fermer son espace aérien au Mali le 07 Avril 2025 prétextant une “violation répétée ” ce à quoi le Mali a répondu par la réciprocité en fermant à son tour son espace aérien.

Cette décision algérienne était d’ailleurs une fuite en avant car, une semaine plutôt, c’est à dire dans la nuit du 30 Mars au 01 Avril 2025 il avait abattu un drone Akinci malien qui s’apprêtait à frapper chirurgicalement un regroupement des principaux chefs terroristes.

Si l’Algérie s’est ensuite défendu d’avoir abattu un drone qui avait violé son espace, il n’a jamais voulu répondre à la convocation des autorités maliennes devant les tribunaux internationaux.

Car à la vérité, le drone n’a jamais violé l’espace algérienne, l’armée malienne avait fourni publiquement des données prouvant que l’appareil a été délibérément abattu sur le sol malien avec pour objectif de sauver la peau des chefs terroristes.

Qu’aujourd’hui ces chefs terroristes soient mis en déroute avec des pertes immenses en hommes et en matériels, que l’Algérie décide soudainement de cette ouverture n’est pas anodin.

En ouvrant son espace l’Algérie s’attend certainement à ce que le Mali en fasse autant.

Avec des terroristes qui opèrent déjà avec des drones Kamikazes, ouvrir le ciel malien à un pays qualifié par les autorités de “sponsor du terrorisme” ce serait donner des moyens aériens à ces groupes armés et en faire pour de bon une armée en face d’une armée.

Avec toute l’expérience engrangée depuis cette décennie de lutte contre le terrorisme, la mise à nue des intentions des partenaires non sincères, les autorités maliennes sont plus que jamais outillés pour apprécier à sa juste valeur cette décision de l’Algérie et la réponse qu’il faut y apporter.

Mohamed Dagnoko