Région de Tambacounda, village de Colibantang. MUne mère dont le fils a disparu après avoir émigré par bateau vers l'Europe regarde une photo de son fils. Tambacounda region, Colibantang village. Mother whose son went missing after he emigrated to Europe by boat looks at a picture of him. Oude, mère de Ibrama qui a disparu en 2004 à l'âge de 25 ans. Il a laissé derrière lui deux enfants qui sont maintenant à la charge de Oude. Oude participe au groupe de soutien du CICR et de la Croix-Rouge sénégalaise dans le village voisin de Maka Colibantang. Ibrama est parti pour le Maroc et a appelé de là-bas pour dire à sa famille qu'ils partait pour l'Espagne en bateau. "Priez pour moi", furent ses dernières paroles. "Nous savions que le voyage prenait deux ou trois jours, mais il n'a jamais rappelé", raconte sa mère. Oude a deux autres fils, l'un au Royaume-Unis et l'autre aux Etats-Unis. Aujourd'hui, elle ne donnerait pas la permission à un autre de ses enfants de partir en bateau vers un autre pays. Elle sourit en regardant une photo de son fils, "il était drôle et aimait le couscous", se rappelle-t-elle. Oude, mother of Ibrama, who went missing in 2004 when he was 25. He left two children behind, who are now under the care of Oude. Oude attends ICRC and Senegalese Red Cross Society support group in neighboring Maka Colibantang village. Ibrama left for Morocco and he called from there to tell his family he was leaving on a boat to Spain. "Pray for me", were his last words. "We knew the trip takes two or three days, but he never called back", says his mother. Oude has another two sons in the UK and USA. Today, however, she would not give permission to any other son to take a boat to another country. She holds a big smile when she looks at the photo of her son, "he was so funny and he loved couscous", she recalls.

Au Mali, les journées internationales qui sont célébrées sont à foison. Mais s’il y a bien une que nous devons célébrer et qu’on ne le fait pas c’est bien celle relative aux personnes disparues célébrée chaque 30 Août, donc aujourd’hui dimanche.

Dans un pays en crise depuis plusieurs années et où la migration est un phénomène sérieux, nombreuses sont les familles qui sont sans nouvelles des leurs depuis longtemps.

Célébrer cette journée, serait une façon d’être solidaires de cette mère de famille à Mahina, qui depuis plus de 10 ans a vu son fils prendre ses baluchons pour rejoindre l’Eldorado. Depuis cette date, ces journées ne sont plus les mêmes, ses nuits sont agitées, elle est partagée entre espoir et désespoir car n’ayant aucune nouvelle de son fils.

Comme cette mère, ce sont de nombreuses familles qui sont dans ces situations et espèrent qu’un jour, les personnes disparues réapparaitrons pour mettre fin à la longue attente.

« Savoir qu’on a perdu un proche en tentant de traverser l’océan est certes difficile mais pas plus difficile que de ne pas savoir ce qu’il devient. Dans le premier cas on peut faire notre deuil mais dans le second cas, il est impossible de le faire. On reste bloqué, on arrive pas à franchir le cap et le plus souvent nous nous perdons nous-mêmes » cet avis glacial d’un cadre travaillant dans l’humanitaire témoigne de toute la difficulté que vivent aux quotidien les familles des personnes portées disparues.

Si l’immigration est une cause importante de disparition au Mali, s’y ajoute la crise sécuritaire depuis quelques années. Les membres d’une même famille dispersées lors d’attaques de groupes armées et qui n’ont jamais pu se retrouver, des familles qui restent sans nouvelles de leurs fils engagés sur es théâtres des opérations, ce n’est pas ce qui manque aujourd’hui.

En plus des efforts qui sont déployés par les organismes et les structures, célébrée cette journée en montrant toute la sympathie du peuple à ces familles peut renforcer leur l’espoir. Cet espoir qui est d’ailleurs la seule chose qui leur reste.

La Croix Rouge Malienne qui d’habitude fait vivre cette journée, cette année a posté sur sa page Facebook les retrouvailles qu’elle a pu organiser entre un adolescent et sa famille.

Les émotions dans cette vidéo  encouragent à faire davantage pour la reconstitutions des familles.

Aly Sidibé