La question de la lutte contre l’orpaillage clandestin depuis quelques temps occupe la « Une » des médias aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Sénégal. Si dans ces deux pays, le combat est mener de front pour mettre fin à la pratique, ici au Mali, ce sont plutôt des mesures qui sont prises pour mieux encadrer le secteur compte tenu de son importance.

Au Sénégal, le point d’appui du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (GARSI 2), basé à Saeinsoutou, a démantelé, le 22 août, plusieurs sites d’orpaillage clandestins dans les environs de Mouran, dans la commune de Missira Sirimana.

L’opération, menée dans le cadre de la sécurisation de la zone, a permis l’interpellation de 40 personnes, dont 16 Maliens, 11 Burkinabè, 9 Guinéens et 4 Sénégalais.
Les gendarmes ont également saisi 20 motos, 14 motopompes, 8 panneaux solaires, 7 groupes électrogènes et 5 marteaux-piqueurs.

Le mardi 25 Août, en Côte d’Ivoire 114 orpailleurs présumés ont été interpellés sur 31 sites par le groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal.

En plus des opérations des autorités, les religieux ivoiriens se mobilisent aussi pour lutter contre le phénomène.

Le président du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des affaires islamiques de Côte d’Ivoire (COSIM) Cheickhoul Aïma Ousmane Diakité a invité les ivoiriens à une prise de conscience collective dans la lutte contre l’orpaillage illégal et sauvage qui est une véritable menace pour leur existence.

Quid de la situation au Mali ?

Grand producteur d’Or, le Mali n’est pas moins frappé par le phénomène. Selon les chiffres, le pays produit près de 30 tonnes d’Or par an de façon artisanale.

Le hic avec cette façon de produire de l’Or c’est le non-respect des normes environnementales et sanitaires. Aujourd’hui, de nombreux cours d’eaux et des forêts font les frais de cette production avec ses conséquences sanitaires sur les populations.

Dans une récente étude commanditée par le Fondation Konrad Adenauer et qui a concerné les régions de Kayes, Bougouni, Sikasso et Koutiala, il existe 388 sites d’orpaillages dans ces régions.

Sur ces sites, 279 sont permanents et 91 sites saisonniers. Des sites qui selon l’enquête s’étendent sur entre  150 et 500 hectares.

Mais contrairement à la Côte d’Ivoire et au Sénégal où tout est mis en œuvre pour combattre et mettre fin au phénomène, au Mali, compte tenu de l’importance de l’activité il est surtout préconisé de l’encadrer.

D’ailleurs, le ministère des mines, comme chaque année, a suspendu les activités d’orpaillages sur toute l’étendue du territoire national du 15 juin au 30 Septembre. Toutefois, le dragage, qui est l’orpaillage sur les cours d’eau et sur le fleuve est formellement interdit par le code minier.

À défaut de mener une lutte de front comme le fait actuellement le voisin ivoirien, l’étude de la fondation Konrad recommande une gouvernance formalisée où l’État va jouer un rôle clé, une réglementation des équipements de productions et des produits à utiliser, le renforcement de  la communication et la sensibilisation pour la protection de la faune et de la flore et avoir une base de donnée contenant le géoréférencement de l’ensemble des sites opérationnel sur le territoire.

Mohamed Dagnoko