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Suite à l’annonce du service consulaire chinois du 14 oût dernier de fermer temporairement pour des raisons d’aménagement, les commerçants détaillants sont sortis pour dénoncer une mesure qui vise à faire chanter les autorités maliennes et surtout pour favoriser une concurrence déloyale des commerçants chinois au Mali.

Selon le service consulaire, les travaux d’aménagement sur l’axe Bamako-Koulikoro ont nécessité la démolition de ses locaux. La réinstallation des équipements explique cette décision.

Sauf que tous ces arguments ont été botté en touche par des commerçants détaillants très remontés . Lors de leur assemblée générale de ce mercredi, ils ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour dénoncer le « mépris » chinois à l’endroit des commerçants maliens.

Selon son syndicat, l’argument lié  aux travaux de l’axe Bamako- Koulikoro n’est qu’un prétexte pour perpétuer une pratique de  « blocage »  des commerçants maliens qui a cours bien avant l’avènement de la transition.

Le syndicat en veut pour preuve les restrictions nombreuses pour limiter le déplacement des commerçants maliens en Chine.

« Un commerçant malien résidant dans un autre pays est obligé de prendre son vol pour venir chercher son visas ici au Mali, retourner dans son pays de résidence avant de se préparer pour aller en Chine » cite le responsable du syndicat comme une contrainte majeure au moment où selon lui, les  commerçants et entrepreneurs chinois ne sont pas soumis aux mêmes difficultés pour venir au Mali.

Toute chose qui pousse le syndicat des commerçants détaillants  à demander aux autorités d’appliquer « la réciprocité » par rapport à cette décision comme cela avait déjà été le cas avec les États-Unis.

Sénégal, Côte d’Ivoire, Maroc

Si le 14 Août le service consulaire a annoncé la fermeture de sons service, il n’a cependant pas annoncé une date de reprise. C’est d’ailleurs pourquoi, le 28 août dernier, une délégation de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCIM) du Mali conduite par son secrétaire général, Mamadou Sanogo s’est rendue dans leurs locaux. Objectif : savoir quand est-ce que la délivrance des visas va reprendre.

Comme toute réponse, le service consulaire dira que cela  se fera « le plus rapidement possible ».

Et quand juste après cette réunion, ce service annonce le 03 Septembre que les ressortissants maliens souhaitant obtenir un visa pour la Chine devront se rendre à partir du 15 Septembre  au Sénégal en Côte d’Ivoire et au Maroc, il n’en fallait pas plus pour que les commerçants détaillants maliens étalent toutes les théories dont ils soupçonnent les chinois.

Pour eux, les intentions des chinois qui commercent depuis longtemps au Mali dans le gros et le détails est clair :  Empêcher les commerçants maliens à aller se ravitailler pour eux-mêmes occuper le marché.

Sinon selon eux, comment expliquer qu’un service consulaire qui traite plus de 2000 demandes de visas par mois décide de fermer pour orienter les maliens vers des pays comme la Côte d’Ivoire qui ne traite que quelques centaines de visas le mois.

Autre aspect qui selon les commerçants en plus d’être un obstacle est assimilable à du « mépris » c’est le nombre de guichets au Sénégal, 06, contre un seul au Mali pour traiter les demandes de visas. Un pays qui, comme la Côte d’Ivoire à 06 fois moins de voyageurs que le Mali en Chine dans le mois.

« Au Sénégal nos camarades commerçants ont des visas de 02 ans alors qu’au Mali nos Visas sont de 03 à 06 mois pas plus » dit le responsable syndical comme pour étaler l’ampleur du « mépris chinois » à l’endroit des commerçants maliens.

En plus de demander aux autorités de la transition de s’impliquer pour « contraindre » la Chine à trouver une solution rapide à cette situation, les commerçants exigent que les quelques 13 mille chinois vivant au Mali soient soumis aux mêmes conditions que celles imposées au maliens en Chine.

« Quand nous allons en Chine, nous sommes obligés d’aller à l’hôtel histoire de faire tourner l’économie ce qui est normal. Mais ici, pratiquement tous les commerçants chinois dorment dans leurs boutiques. Si on les amenaient à prendre des chambres d’hôtels comme ils nous l’impose chez eux, cela pourra aussi permettre à notre secteur hôtelier qui fait les frais de la crise sécuritaire de générer de l’argent et de garantir les emplois de nos compatriotes » croient les commerçants détaillants.

Mohamed Dagnoko