À Bamako, suite aux inondations et à la montée des eaux du fleuve Niger, plusieurs habitations sont envahies obligeant les populations à se déplacer à pirogue par endroits. Installées dans le lit du fleuve Niger, la communauté BOZO de Badalabougou, vit quotidiennement les pieds dans l’eau.  

Depuis plus d’une semaine les habitants de Bozo dankan, à Badalabougou vivent littéralement dans les eaux. Maisons inondées, mosquée absorbée, Iya Komina, la soixantaine, nous explique leur désarroi « Nous ne savons plus quoi faire. Nos maisons sont inondées. Nous faisons pratiquement toutes nos activités dans l’eau »

 Cette situation est nouvelle pour cette communauté qui vit dans le lit du fleuve depuis plus de cinquante ans comme le témoigne Tata Dembélé « Depuis cinquante ans que nous vivons ici, nous n’avons jamais vu une telle montée des eaux avec les dégâts occasionnés ».

 Si le ménage se fait dans l’eau, même la cuisine aussi se fait les pieds dans l’eau. Djénéba Koumaré après le petit déjeuner s’apprête à préparer son déjeuner toujours assise entre des flaques d’eaux « C’est vrai que notre communauté aime l’eau nous en vivons d’ailleurs. Maus cette fois-ci l’eau est trop montée. Nous obligeant à préparer même dans l’eau. Dans la chambre l’armoire et le lit sont posés sur de grosses pierres pour limiter les dégâts ».

 Communauté vivant de la pêche, ce n’est plus évident depuis plus d’une semaine comme le témoigne le patriarche du village, Bazoumana Koumaré” Avec la montée des eaux, les poissons se dispersent et peuvent se retrouver dans des endroits peu probables. Nous sommes donc obligés d’attendre que le niveau de l’eau baisse pour pouvoir tirer notre pitance de cette eau

 Face à la détresse de cette communauté, l’ONG OPEN Mali avec l’appui de l’Ambassade du Canada au Mali a apporté des vivres et des non vivres d’une valeur de 12 millions de Fcfa.

 “Nous avons voulu les soulager avec ce don. Mais cette action va continuer dans les communes I, II et VI du district de Bamako” dit Ndiaye Maïmouna Diarra, la présidente de l’OBG IPEN Mali.

Dans cette précarité, les habitants de Bozo Danakan souhaitent plus d’aides notamment de la part des autorités en ce mois d’Octobre, dit mois de la solidarité au Mali.

Mohamed Dagnoko