Un climat de tension règne au sein de l’ambassade du Mali aux Etats Unis d’Amérique. Des incompréhensions entre le chancelier et ses collaborateurs risquent de porter un coup à nos compatriotes vivants dans le pays de l’oncle Sam. Il est impératif d’eteindre le feu qui a déjà pris une bonne partie des relations qui existent entre collaborateurs. Il faut siffler la fin de cette partie de jeu de ping-pong pendant que le dialogue est possible !
Les faits :
Il y a six jours de celà, le personnel local de l’ambassade du Mali à Washington a observé une grève de 48 heures, allant du 24 au 25 février, en signe de protestation “contre les abus de pouvoir, des intimidations et des harcèlements répétitifs” que subissent les employés de la part du premier responsable de l’ambassade du Mali aux USA, selon le contenu de leur préavis de grève.
<< Le personnel local fait l’objet de harcèlement et d’abus de pouvoir de votre part, une situation de mépris caractérisée par des avertissements, menaces verbales et d’insinuations de licenciement à toutes les occasions. Nous estimons que ces agissements créent une situation d’insécurité qui n’augure pas un environnement de travail serein au sein de la mission diplomatique du Mali >>, ont estimé plus d’une dizaine de grévistes dans leur préavis de grève adressé à l’Ambassadeur Sékou Berthé, nommé à son poste il y a 3 ans.
Selon les grévistes, tout est parti d’une lettre d’avertissement que Sékou Berthé a adressé à un agent qui n’était pas à l’aéroport pour l’accueillir pendant que ce dernier était en congé annuel. Et le cas d’un autre agent qui a reçu son préavis de licenciement «sans aucune cause valable». Toute chose qui constitue un abus de pouvoir, selon le personnel local.
Ils exigent du premier responsable de l’ambassade “l’abrogation pure et simple de la lettre de licenciement, l’arrêt des abus de pouvoir et harcèlements répétifs et la création des conditions propices et d’un environnement serein de travail”.
En réplique, l’Ambassadeur a envoyé un message pas trop diplomatique à son personnel gréviste. Il annonce plutôt un bras de fer entre lui et les grévistes.
<< Je voudrais vous remercier d’avoir fait de moi une célébrité pendant ces 48h. À cause de votre campagne, ma publicité a été faite partout au Mali sur tous les réseaux sociaux, les médias, les coins et recoins et aussi à l’international. Malheureusement on n’est pas en période d’élection et je ne suis candidat à rien. J’espère qu’il y aura une prochaine campagne pour porter mon nom au-delà des cieux. Bienvenue et bonne continuation à tout un chacun >>, le contenu du message de l’ambassadeur Sékou Berthé adressé aux grévistes de leur retour au service le 26 février dernier. Une grève qu’il juge “spectaculaire et folklorique“.
Une situation qui va pousser le personnel à déposer le 28 février, un autre préavis de grève de 120 heures, à compter du 03 mars. Selon le personnel local, cette mesure de suspension n’est basée sur aucune lois du pays concernant les travailleurs.
<< Monsieur l’Ambassadeur, par la présente, nous avons l’honneur de porter à votre connaissance la décision de l’ensemble du personnel localement recruté de l’Ambassade de procéder à un arrêt de travail de 120 heures, à compter du 03 mars 2025. En outre, nous nous réservons droit de répéter la grève et de recourir à d’autres actions auprès des autorités du pays d’accueil, si nos doléances ne sont pas satisfaites. A la suite de notre grève de 48 heures, nous nous attendions à un effort d’apaisement. Au contraire, vous avez choisi une autre méthode qui est préjudiciable au travail de l’Ambassade.
Aussi, nous tenons à vous notifier que nous rejetons catégoriquement votre mesure de suspension discriminatoire à l’encontre de certains de nos collègues. Nous considérons que cette mesure est nulle et non avenue car ne se basant sur aucune base légale.
Nous réitérons notre demande d’arrêt des abus de pouvoir et harcèlements répétitifs à l’encontre du personnel et la création d’un environnement serein de travail au sein de la mission diplomatique. Dans l’espoir d’un règlement rapide de cette question, veuillez croire, Monsieur l’Ambassadeur, à nos salutations distinguées.>>, contenu du préavis de grève adressé Sékou Berthé.
Comme si cela ne suffit pas!
En retour, l’Ambassadeur enfonce le clou. Le dimanche 1er mars, chacun des grévistes a reçu une notification de suspension de 6 mois à compter de la même date.
<< Monsieur, suite à votre arrêt de travail illégal et non autorisé, vous êtes suspendus de votre fonction à l’ambassade pour une durée de six mois à compter du 1er mars 20025 >>, notification envoyée aux grévistes avec comme object : lettre de suspension de fonction.
Ce n’est pas tout! Selon des sources sur place, il a également ordonné la retenue sur salaire des grévistes.
Le personnel de son côté, a décidé de mener d’autres actions. Il a annoncé déjà la tenue des sit-in hebdomadaires dans les prochains jours pour exiger le rappel de l’Ambassadeur.
Le jeu s’annonce dur et long dans ce contexte. Il faut une solution venant de l’extérieur, un arbitre qui va contraindre les deux camps à revenir sur la table de dialogue pour le bien-être de nos compatriotes et l’honneur du pays qui est en jeu sur le sol de l’oncle Sam !
La sagesse doit être mise à profit entre les acteurs qui représentent la diplomatie malienne.
Le regard des hommes de droit sur la question !
<< C’est une suspension illégale, illégitime et inhumaine. La mise à pied ne peut excéder 8 jours, la suspension est énoncée en prélude à un licenciement et ne peut durer au delà d’une convocation devant un inspecteur du travail pour qu’il se prononce sur la régularité des motifs de licenciement. L’ambassadeur commet une grosse bourde>>, a indiqué Mohamed Lamine Haïdara.
Moussa Sékou Diaby





