En se faisant battre par le Syli national cadet sur le score de 2 buts à 1, les Aiglonnets ne sont pas seulement éliminés du tournoi UFOA A U17, il ne pourront aussi plus se qualifier  pour la prochaine CAN de la compétition.

Un terrible désaveu pour le football malien de catégorie jeune qui, jusqu’ici était une belle vitrine, celle qui faisait encore rayonner le pays sur le continent et dans le monde.

 Pour le Coach Bako Seck, la séance d’explication et de justification de cette élimination prématurée devant le Comité Exécutif de la Fédération Malienne de Football risque d’être un moment fort désagréable.

En ayant la louable intention de ne compter que sur les talents locaux et faire fi des expatriés, il aurait dû conforter cela avec un bon parcours. Mais aujourd’hui, cette élimination, en plus de faire sortir du bois ceux qui ont contesté cette façon de faire, il y a ceux, nombreux qui pointent du doigt le « marketing à outrance » des centres de formations pour faire sélectionner leurs joueurs.

Ces derniers rappelant à volonté l’élimination de la même catégorie à la CAN au Maroc en mai de cette année. Sortie en quart de finale, le Mali était pourtant finaliste de l’édition précédente.

Le parcours d’une équipe qui comptait  près de 20 joueurs issus de différents centres de formations avait fait beaucoup parler comme c’est le cas aujourd’hui.

Le poison des centres de formations

L’équipe nationale cadette du Mali possède l’un des palmarès les plus riches et respectés d’Afrique dans sa catégorie. En 2015 et en 2017, elle devenait la première et la seule équipe à ce jour à remporter deux CAN successivement. Mais depuis deux  ans, cette équipe n’y arrive plus.

Et comme par hasard, cette période coïncide avec l’implantation massive des centres de formations au Mali. Des centres qui constituent le vivier de cette sélection.

La composition de l’équipe  qui s’est faite éliminée en quart de finale par le Sénégal à la CAN au Maroc ( une vingtaine de joueurs de centres  différents) témoignent du pouvoir des centres de formations qui, on n’a l’impression bénéficient d’un quota de joueurs à fournir.

Sinon comment comprendre que l’on parte à une compétition majeure avec des jeunes joueurs qui n’ont aucun automatisme.

Si l’intention de Bako Seck de compter sur le vivier local est louable, les critères de sélections restent l’équation à résoudre.

Si le choix des joueurs, le manque d’automatisme sont des facteurs qui peuvent expliquer les échecs de cette catégorie, il faut aussi noter l’individualisme à outrance de ces jeunes.

C’est clair, à cet âge, les jeunes ont besoin de se montrer, de taper dans l’œil des recruteurs. Sauf qu’à cette compétition de l’UFOA-A au Sénégal, l’on a très vite compris que chaque jeune était venu avec son  propre agenda : être le futur  Ibrahima Diarra dit « Kaka » et signé au Barça.

À L’allure des échecs de cette catégorie qui a toujours fait la fierté du Mali, il urge pour le président de la fédération, Mahazou dit Baba Cisset, lui-même promoteur de centre de formation de se pencher sérieusement sur le poison que constitue désormais ces centres en lieu et place du remède qu’ils devaient être pour le football malien.

Mohamed Dagnoko