J’ai lu la lettre à charge de l’ancien PDG de la CMDT et non moins maire actuel de Sikasso, elle affiche beaucoup de rancœur et une bonne dose de présomption.

Le maire Kalfa Sanogo incrimine d’emblée la classe politique malienne, et toute la classe politique malienne sans concéder aucune exception. Il accuse son parti et dénonce ses anciens camarades, fustige toutes les pratiques démocratiques du mouvement démocratique malien des trentes années passées.

Il se positionne en lanceur d’alerte ignoré par tous. Il s’octroie le rôle d’avertisseur devant le peuple et devant l’histoire. Sa lettre est tout sauf un mea culpa, loin de là, elle est plutôt une véritable lettre d’accusation contre toute la classe politique malienne, tout en adoptant une posture de juste. Pourquoi donc? Que veut-il prouver ? Ou, que veut-il tout simplement ?

Le maire actuel de Sikasso sait pertinemment que personne ne peut dédouaner complètement les pratiques poliques qui ont été en cours au Mali ces trentes dernieres années. Cependant, voyant la suspension des activités politiques décrétée par les autorités actuelles, il devrait agir autrement en tant qu’acteur fondamental du mouvement démocratique malien. Il a, lui, lutté, a gagné, a bénéficié, en a joui et continue d’en jouir.

Aujourd’hui, son rôle aurait du être, s’il n’accepte pas de garder le silence réparateur, d’apporter des solutions réparatrices vue ce qu’il a deja vécu, cela parce que le Mali vit des moments de fragilité intense qui doivent inciter chaque citoyen à œuvrer pour la cohésion et le renforcement de celle ci.

Le Mali en a assez des prises incessantes de postures pour des revanches puériles, des plaintes à l’emporte piece, des remontrances fitules, des délations gratuites, des reproches stériles et des positionnements contants. Notre nation veut s’en sortir sans laisser personne derrière. Alors, nous cherchons l’apaisement pour créer nos solutions, l’entente pour relancer notre économie, l’engagement réel pour renforcer notre armée, et le travail véritable pour développer enfin notre cher pays bien aimé.

La suspension actuelle des partis politiques est, et doit etre une parenthèse ouverte, une accalmie, un moment de réflexion pour aller vers la correction de peut être ce qui n’a pas été bien fait. Elle a été décidée, certainement sans tenir compte d’une forme adéquate. Toutefois, elle peut et doit être une opportunité pour la démocratie malienne. En effet, une transition n’est jamais souhaitée, parce qu’elle est une rupture grave, et une faiblesse, ou des institutions, ou des hommes d’Etat, mais elle peut aussi se transformer en une source de réparation formidable si chacun se donne pour mission d’œuvrer dans ce sens, en bannissant complètement tous les actes possibles de clivage.

Monsieur le maire de Sikasso doit comprendre que l’on n’accuse plus quand on est prêt à construire. Les maux sont déjà sus, les fautifs sont presque tous désignés, et nous sommes dans la recherche des solutions possibles et dans l’application de celles déjà trouvées.

Des politiques ont fauté, pas tous. Des militaires ont fauté, pas tous. Des citoyens ont été cupides, mais pas tous. Des dirigeants ont été laxistes, mais pas tous. Donc, le discernement qui nous a amené dans cette transition, ce même discernement nous aidera à faire notre tri social et des compétences.

Ainsi, celui qui a été au début, celui qui a occupé des postes de haut niveau, et dans l’administration, et dans la politique doit savoir que la généralisation dans l’accusation de la classe politique n’est pas une posture franche. Si cela était une vérité incontestable, il devrait déposer avant toute chose sa propre démission de la mairie de Sikasso, parce qu’il est politique et parce qu’il a honte de tous les politiques du Mali des trentes dernieres années à cause de leur gestion. Il en fait partie.

Le Mali actuel doit rassembler tous ses fils. Les politiques maliens doivent depasser maintenant l’individualisme, et doivent se concerter pour proposer ensemble à travers une seule voix. Les autorités actuelles doivent également intégrer que la transition doit être un moment de recherche de renforcement de la nation, et que cela ne sera pas possible sans une cohésion réelle. Surtout chacun doit mettre le pays au devant de tout. Sachons que nous avons hérité et que nous léguerons devant l’histoire.

Moussa Sey Diallo