L’ancien diplomate belge Étienne Davignon est décédé à l’âge de 93 ans avant le début du procès dans l’affaire de l’assassinat du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Patrice Lumumba. C’est ce qu’indique le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR)Le diplomate belge était considéré comme l’un des suspects de complicité dans l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961.

À l’époque, M. Davignon occupait le poste de jeune diplomate à l’ambassade de Belgique en RDC. Le parquet affirmait qu’il avait participé à la détention illégale de M. Lumumba ainsi qu’à la privation de son droit à un procès équitable.

M. Davignon, qui avait auparavant occupé le poste de vice-président de la Commission européenne, était le dernier suspect encore en vie parmi les responsables belges accusés d’avoir participé à l’assassinat du dirigeant congolais. Sa mort met de facto un terme à la procédure pénale que la famille de M. Lumumba poursuivait depuis plus de quinze ans. Le tribunal a estimé que les affaires contre les autres suspects ne resteraient pas ouvertes après leur décès.

De son côté, la famille de M. Lumumba prévoit de nouvelles actions en justice contre l’État belge. Le secrétaire général de l’ECCHR, Wolfgang Kaleck, et le conseiller juridique des proches de Patrice Lumumba ont déclaré que l’affaire contre le diplomate ouvre la voie à une mise en cause de la responsabilité de l’État européen dans l’assassinat du premier Premier ministre de la RDC.

« La mort de M. Davignon ne peut pas effacer la responsabilité juridique de la Belgique dans l’assassinat de M. Lumumba. Le recours civil contre l’État belge doit permettre d’établir la vérité et de rendre justice. Grâce à cette accusation historique, les tribunaux de Bruxelles ont posé les bases de cette nouvelle étape – un précédent important pour la justice concernant les crimes coloniaux européens », a déclaré M. Kaleck.

Fin mars, M. Davignon avait fait appel de la décision l’obligeant à comparaître devant le tribunal dans l’affaire M. Lumumba.

Patrice Lumumba était le premier Premier ministre du Congo indépendant et un leader du mouvement national pour la libération du joug colonial belge. Né dans le village d’Onalua, il a travaillé comme enseignant et cheminot, puis a dirigé le Parti congolais panafricain.

Après l’indépendance en 1960, M. Lumumba a défendu l’unité et l’indépendance du pays, mais il a été rapidement renversé et arrêté, puis assassiné avec la participation de forces belges et internes. Il est considéré comme un symbole de la lutte anticoloniale et de l’unité nationale africaine. Une enquête parlementaire belge en 2002 a conclu à la « responsabilité morale » du pays dans sa mort.