Depuis plusieurs années le secteur du tourisme connait de grosses difficultés au Mali. La crise sécuritaire et sanitaire du COVID-19 ont plongé dans un lourd coma un secteur jadis rentable et faisant vivre plusieurs milliers d’acteurs. Aujourd’hui, tant bien que mal, les acteurs innovent, développent de novelles stratégies en vue de maintenir le secteur en vie en attendant des lendemains meilleurs.

Au bureau de la présidente de l’association malienne des agences de voyages et de tourisme, les activités tournent au ralenti. Les murs sont tapissés de tableau des belles cités touristiques du Mali. À son domicile, la présidente d’une association de plus de 200 agences évoquent avec une pointe de nostalgie les moments fastes du tourisme malien en contradiction avec les difficultés actuelles.

« Le Mali était pratiquement la deuxième destination de l’Afrique de l’Ouest en terme d’arrivée touristique avant que nous ne soyons confrontés à l’insécurité et à la désaffection de la clientèle. La crise sécuritaire ajoutée à la crise sanitaire  sont des facteurs qui ont négativement joués sur notre activité touristique »

À l’agence de promotion touristique du Mali, Mali tourisme, pour faire face aux difficultés du moment on s’emploie à trouver des alternatives. Ce qui a permis l’organisation de Bamako city tours, une  initiative visant à promouvoir le tourisme local.

« Au niveau du département, l’orientation c’est de faire en sorte que nous puissions en attendant la pacification totale du pays développer des initiatives qui puissent nous permettre de relancer l’activité touristique. Ces initiatives concernent le tourisme interne, comment améliorer la mobilité des maliens à l’intérieur du Mali et justement des initiatives ont été prises dans ce sens parmi lesquelles nous avons les programmes voyages intégrateurs et Bamako city tours. L’objectif c’est que nous puissions sur le long terme réduire la dépendance du tourisme malien au flux du tourisme récepteur. Réorienter ceux qui se paient des vacances à l’extérieur vers les sites touristiques du Mali » dit Sidy Keïta, directeur général de Mali Tourisme

L’accompagnement des touristes à travers les villes sablonneuses de Tombouctou, à la découverte des masques du pays Dogon et des grandes mosquées de Djenné et de Mopti appartient à un long passé pour de nombreux guides touristiques reconvertis aujourd’hui pour la plupart.

« Nous sommes la cheville ouvrière de ce secteur et cela a été très difficile, nous avons perdus beaucoup de guides touristiques  faute de moyens financiers. Nous qui sommes là aujourd’hui, nous nous sommes reconvertis dans d’autres domaines pour pouvoir survivre » Amadou Bah, guide touristique.

Mali tourisme qui a récemment piloté une formation des guides touristiques des pays de l’Alliance des États du Sahel et les autres acteurs du secteur ne baissent pas les bras et se tiennent prêts à le relancer dans la dynamique de reconquête des territoires par les autorités de la transition.

Mohamed Dagnoko