Regorgeants de savoirs et d’histoires, les manuscrits anciens de Tombouctou ont été sauvés en grande partie grâce à l’institut des hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou. Aujourd’hui ce sont plus de 37 mille manuscrits sur les 43 mille que compte l’institut qui sont en phase de numérisation et d’ouverture au monde.

Exfiltrés en 2012 pour échapper à l’occupation des groupes armés terroristes, les deux tiers des manuscrits de l’institut des hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba soit 38 mille 732  manuscrits se sont retrouvés à Bamako. Ici, ces manuscrits d’une richesse inestimable sont mieux conservés et catalogués

« Nous collectons les manuscrits auprès des familles. Les familles maraboutiques, intellectuelles et d’érudits avaient et ont aujourd’hui de nombreux manuscrits. Nous partons vers eux pour leur demander de nous les vendre ou nous permettre de  les filmer pour les amener à l’institut et mieux les conserver » fait savoir Dr Mohamed Diagayété, Directeur de l’institut Ahmed Baba.

S’il y a un travail qui peut être fait en toute quiétude à Bamako c’est  la numérisation des manuscrits pour ne plus risquer de les perdre dans des incendies et les rendre disponibles au monde de la recherche car ces manuscrits regorgent de trésor comme cet original d’un traité entre le Royaume du Maroc et l’Europe qui date de 1880.

« Ce manuscrit s’appelle le traité de Madrid. C’est une convention entre le Royaume du Maroc et les pays européens sur la gestion de nombreux pans de leurs relations. C’est l’original qui est là comme ça. C’est une convention qui a été écrite en 1880 » assure Dr Mohamed Alkady Maïga, chef de la division des manuscrits de l’institut.

Au-delà de la religion, les manuscrits traitent de toutes les questions de société et peuvent être utile pour la résolution de problèmes  comme les crises entre États.

« On a ici un gros manuscrit qui a été écrit par El Hadj Omar Tall dans lequel il décrit comment il a résolu un conflit entre les Rois de Sokoto et de Borno. Donc ce sont des documents qui peuvent bien être utiles aujourd’hui car contenant des mécanismes endogènes pour gérer des crises » dit Dr Mohamed Alkady Maïga.

Fonctionnel depuis 1973, l’institut compte plus de 43 mille manuscrits. Et avec la normalisation de la situation, le processus de rapatriement des manuscrits à Tombouctou est en cours. Cette ville qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Mohamed Dagnoko