Située à la frontière entre le Nord et le Sud du Pays, la ville de Mopti est un véritable carrefour. Dans cette ville aux ethnies multiples, au brassage culturel, fort plusieurs activités économiques dominent le paysage dont la fabrication et la commercialisation des jarres. Un secteur qui fait de la résistance en attendant des lendemains meilleurs.

À Mopti, ville appelée la venise malienne, en plus de la pêche qui occupe la première place des activités économiques, la fabrication et la vente de jarres se positionne en bonne place. Tout au long des routes, on peut voir entreposer des centaines de jarres qui, en plus de la région sont livrées un peu partout au Mali.

« Nous avons beaucoup de jarres ici, les camions viennent charger pour les livrer un peu partout dans le pays surtout dans la capitale Bamako où la demande est assez élevée » témoigne Arkia Nienta, commerçante

Venue se procurer une mini jarre pour des besoins de préparation de médicaments traditionnels, Diakité Hawa Ba explique son choix pour ces jarres pour leur qualité, leur beauté et surtout leur usage pratique même si au passage elle note que les prix ces dernières années ont quelque peu augmenté.

« Je viens d’acheter cette jarre  à 1500 Fcfa. Je note que  les prix ont un peu augmenté, avant je pouvais avoir cette même jarre à 750 Fcfa. En même temps on comprend que compte tenu de la situation et des difficultés liées au métier que les prix augmentent un peu » dit-elle.

Jadis très florissante, l’activité fait aujourd’hui les frais de la crise qui secoue le Mali depuis longtemps. Tout en priant pour le retour définitif de la paix, ces braves dames et hommes ne baissent pas les bras et continuent à fabriquer et embellir les jarres Made In Mopti.

« C’est vrai que c’est un peu difficile depuis le début de la crise et la rareté des touristes qui étaient aussi de bons acheteurs. Mais c’est cette activité que nous connaissons et que nous savons faire. Donc nous continuons en espérant que les jours meilleurs ne sont plus loin » dit optimiste Fatoumata Sammassékou.

De passage ici,  s’il y a bien quelques chose que l’on veut rapporter de cette ville de brassage et de culture c’est bien une de ces jarres sur lesquelles est inscrit en gros caractère « souvenir de Mopti »

Mohamed DAGNOKO