L’ancien président sénégalais Macky Sall candidat au poste de secrétaire général des Nations Unies a annoncé son retrait de la course.
Dans un message publié sur sa page Facebook daté du 17 octobre, Macky Sall justifie sa décision par sa volonté de ”contribuer à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité” des Nations Unies.
Les raisons de son retrait
À l’issue du vote informel du 16 octobre 2026 pour l’élection au poste de Secrétaire général des Nations Unies, et après consultations avec Son Excellence Monsieur Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, Président en exercice de l’Union Africaine, et Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal, Président en exercice de la CEDEAO, j’ai décidé de retirer ma candidature audit poste” lit-on dans le message publié sur le compte Facebook du président Macky Sall.
L’ancien président sénégalais déclare sur le même document avoir pris cette décision avec ”un profond sens des responsabilités en espérant contribuer ainsi à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité”.
Il ajoute avoir gardé à l’esprit que depuis le début du processus d’élection au secrétariat des Nations Unies, ”les résultats des différents votes tests indiquent un choix en faveur d’une candidature issue de la région d’Amérique Latine et des Caraïbes, et éventuellement féminine”.
Remerciant le président burundais Evariste Ndayishimiyé qui a parrainé sa candidature et le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye qui l’a soutenue, il a souligné que sa candidature était essentiellement motivée par la volonté de mettre son expérience de près de 40 ans de vie publique au service des Nations Unies.
Les péripéties d’une candidature
La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU a connu plusieurs péripéties et de nombreuses controverses au Sénégal.
Annoncée pendant quelques mois, la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire Général des Nations Unies est devenue finalement officielle en mars dernier à travers une déclaration de la porte-parole de l’Assemblée générale de l’ONU.
Dans une déclaration faite à la presse, La Neice Collins, avait révélé au monde que le Burundi a présenté la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal au poste de secrétaire général des Nations Unies.
”Nous avons reçu une nouvelle candidature, il s’agit de Macky Sall, ancien président du Sénégal. Il a été nommé par la république du Burundi qui a présenté les documents”, avait déclaré La Neice Collins à la presse.
Alors que les candidatures à ce poste sont généralement portées par l’État d’origine du candidat ou par un groupe d’États, celle de Macky Sall n’a été présentée ni par le Sénégal, son pays d’origine, ni par l’Union africaine.
BBC News Afrique avait alors contacté le ministère sénégalais des Affaires étrangères afin de connaître la position officielle du gouvernement, mais ses questions sont restées sans réponse.
Les controverses qui ont suivi cette candidature
La candidature de Macky Sall a suscité de vives controverses au Sénégal.
Les nouvelles autorités ont longtemps refusé de la soutenir avant de finalement lui apporter un appui diplomatique en juillet dernier. Ce revirement est intervenu après le retour éclair de l’ancien président au pays, après deux années d’absence, et son audience avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Dès le début, des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International Sénégal, se sont opposées à sa candidature à l’ONU.
Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, avait notamment estimé que « l’Union africaine ne doit pas soutenir la candidature à une fonction élective internationale d’un ancien dirigeant dont le régime a commis de graves violations des droits humains ».
Selon lui, « la responsabilité de l’ancien président sénégalais est engagée dans la mort de plus de 70 jeunes entre 2021 et 2024 » lors de manifestations politiques qualifiées d’« insurrections » par le régime de Macky Sall.
De son côté, Boubacar Seye, président du Collectif des victimes de Macky Sall, a déclaré que « la mémoire des victimes mérite le respect, la vérité mérite d’être connue, la justice mérite d’être rendue, et cette mémoire des victimes ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la diplomatie ».
Pour sa part, Guy Marius Sagna, député à l’Assemblée nationale et membre du Pastef, a estimé que le retour de Macky Sall pour solliciter le soutien du Sénégal à sa candidature constituait « une insulte aux familles des victimes, une insulte aux détenus politiques, une insulte à nos martyrs et à leurs familles ».
Toutefois, aucun rapport n’a directement mis en cause l’ancien président dans ces événements de 2021 à 2024, et il ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire à ce sujet.
D’autres acteurs ont également mis en cause sa responsabilité dans la dette non déclarée de près de 9 milliards de dollars révélée par un audit de la Cour des comptes et d’un cabinet indépendant, puis confirmée par le FMI.
Un retour populaire et des soutiens indéfectibles
En juillet dernier, les partisans de Macky Sall lui ont réservé un accueil chaleureux lors de son retour éclair au Sénégal, quelques heures après son audience au palais de la République.
Le député Abdou Mbow, proche de l’ancien président, ainsi que plusieurs responsables du FDR (Front pour la défense de la démocratie et de la République), une coalition regroupant des figures de l’opposition telles que Khalifa Sall, Anta Babacar Ngom et Thierno Bocoum, ont soutenu sa candidature à l’ONU dès son annonce.
Babacar Ba, du Forum du justiciable, et Alioune Tine, d’Afrikajom Center, figurent également parmi ses soutiens. Ils avaient appelé les différents acteurs à « transcender les clivages politiques » en apportant leur appui à l’ancien président sénégalais.
BBC





