Après leur sortie de prison il y a 48 heures grâce à la loi d’amnistie du président de la République, Macky Sall, Ousmane Sonko et le candidat de l’ex PASTEF, Diomaye Faye ont fait face à la presse.

À la curiosité collective de savoir le contenu des discutions entre Ousmane Sonko et Macky Sall à travers les émissaires du palais, le maire de Ziguinchor dira qu’il y a eu effectivement des négociations mais qu’aucun accord n’a été trouvé. Et pour le prouver, il dira que si sa libération était due à une contrepartie, il n’allait pas l’accepter et aurait joué le jeu du report qui lui permettra certainement à sa sortie d’être candidat.

À 10 jours de la présidentielle, les deux hommes étaient à fond dans la campagne, et celui qui en pris le plus pour son grade est Amadou Ba, ancien premier ministre et candidat de la coalition présidentielle, Benno Nokk Yaakar.

« Si on confie les rênes du pays à Amadou Ba, ce qu’on a confié les destinées du pays aux étrangers. Le plus grand danger qui guette le Sénégal, c’est Amadou Ba. Il pense qu’il peut faire ce qu’il veut avec l’argent » attaque Ousmane Sonko  et Diomaye d’ajouter que lui voudrait bien d’Amadou Ba comme fonctionnaire mais jamais comme gestionnaire.

Pour l’avoir côtoyé aux impôts et aux domaines, Sonko et Diomaye comme fonctionnaires et Amadou Ba comme directeur, les deux hommes disent suffisamment connaitre celui qui serait à la tête d’une grosse fortune alors qu’il n’a jamais été qu’un fonctionnaire sénégalais.

Amadou Ba et son camp n’ont pas tardé à répliquer. Si pour Amadou Ba, Sonko et la diffamation se connaissent bien, pour sa coalition, le candidat n’a pas le temps à perdre face à ces « enfantillages ».

Pas de vengeance mais la justice…

Après  tout ce que les deux hommes ont vécu, plus de 220 jours de prisons pour Sonko et 335 jours de prison pour Diomaye Faye, la question de la vengeance s’est invitée aux échanges.

« Il n’y aura pas de vengeance, il y aura la justice. Nous n’avons pas dit qu’il y aura une impunité totale. Nous devons payer la dette à ceux qui nous ont quittés » a dit Ousmane Sonko.

Sur la question de sortir du CFA sur laquelle les candidats Khalifa Sall et Amadou Ba ne manquent pas de brocarder Diomaye Faye, ce dernier répondra que « Il n’y a pas de souveraineté comme nous le réclamons en nous battant pour un Sénégal souverain, juste et prospère, s’il n’y a pas de souveraineté monétaire » comme pour réaffirmer sa volonté de frapper monnaie s’il était élu président de la République du Sénégal.

Si les deux admettent que leur adversaire n’est plus Macky Sall mais Amadou Ba, que le discours de Sonko a changé de ton vis-à-vis de Macky, il serait utopique de penser que ces deux hommes allaient quitter l’assistance sans un doux mot pour celui à la base de tous leurs déboires.

« Le meilleur service qu’on peut rendre à ce pays c’est de rééquilibrer les pouvoirs pour que le Sénégal soit une vraie démocratie ». Diomaye assène le coup, il est ressenti au palais.

Mohamed DAGNOKO