Les prix du pétrole poursuivent leur reflux jeudi après la signature du protocole d’accord conclu par les Etats-Unis et l’Iran, de quoi soutenir les Bourses asiatiques en dépit de signaux pénalisants de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Le pétrole continue son repli
Vers 02H00 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain reculait de 1,52% à 75,62 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, se repliait de 1,41% à 78,43 dollars.
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir un protocole d’accord prévoyant la cessation des hostilités, la levée du blocus américain des ports iraniens et la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le quasi-blocage depuis fin février de ce passage stratégique, par où circule d’ordinaire un cinquième du pétrole mondial, avait fait flamber les cours de l’or noir. Et l’annonce de l’accord américano-iranien a fait dégringoler les prix depuis lundi.
La confirmation que le protocole d’accord a bien été signé est bien accueillie par des investisseurs soulagés.
“Si les marchés intégraient déjà l’hypothèse d’une normalisation progressive du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, il subsistait un risque significatif d’échec des négociations à la dernière minute. Cet accord réduit considérablement ce risque extrême”, relève Rajeev De Mello, gérant chez Gama Asset Management, cité par Bloomberg.
Les Bourses grimpent, jaugeant la Fed
Vers 02H05 GMT à la Bourse de Tokyo, l’indice star Nikkei gagnait 1,83% à 71.188 points, et l’indice élargi Topix 1,38% à 4.068 points.
A Séoul, l’indice Kospi grimpait de 0,68% et Taipei prenait 0,94%. A l’inverse, Sydney cédait 0,42% et l’indice hongkongais Hang Seng 1,36%.
Les marchés boursiers asiatiques grimpent dans l’ensemble, soutenus par le repli continu des prix du pétrole –qui laisse présager une modération de l’inflation, laquelle assombrissait l’horizon économique dans cette région très dépendante des importations d’hydrocarbures.
De quoi compenser les signaux envoyés la veille par la banque centrale américaine (Fed) à l’issue de sa première réunion de politique monétaire conduite par son nouveau président Kevin Warsh.
La Fed a sans surprise décidé de ne pas toucher à ses taux d’intérêt –mais l’institution a fait comprendre mercredi qu’elle risquait de durcir sa politique monétaire face à l’inflation.
Parce que les marchés préfèrent un environnement monétaire plus accommodant – propice à la croissance des entreprises et aux investissements – l’annonce d’une possible hausse des taux a fait lourdement trébuché Wall Street mercredi.
“Kevin Warsh a choisi de ne pas soumettre de prévision concernant les taux, mais il a affiché une position ferme devant la presse quant à la nécessité d’assurer la stabilité des prix (…) le message a été perçu comme plus restrictif qu’anticipé”, analysent les experts du courtier japonais Monex.
“En conséquence, les anticipations de nouvelles hausses de taux se sont renforcées et les rendements obligataires américains à long terme ont augmenté”, insistent-ils.
Le yen au plus bas depuis l’été 2024
“Les prix du pétrole ont reculé, contrairement aux rendements obligataires américains: le maintien prolongé de taux élevés aux États-Unis continue de peser sur la performance des devises en Asie”, abonde de son côté Lloyd Chan, de la banque MUFG.
La position de la Fed “écarte, pour l’heure, toute perspective de baisse des taux (…) Les derniers indicateurs économiques américains confortent également le scénario de taux élevés pour une période prolongée”, poursuit-il.
De quoi accentuer la pression sur la devise japonais: “le yen s’est légèrement déprécié, la hausse des rendements américains accentuant son désavantage structurel” en raison de l’écart entre taux d’intérêts américains et nippons, conclut-il.
Vers 02H15 GMT, la monnaie japonaise se stabilisait à 160,64 yens pour un dollars, après avoir glissé en début d’échanges asiatiques à 160,75 yens pour un dollar, son plus faible niveau depuis juillet 2024.
A l’inverse, l’or se renforçait (+1,64%) à 4.326 dollars l’once.





