Le tribunal pénal de Damas a condamné, ce mardi 11 août, l’ancien président syrien Bachar al-Assad à la peine de mort par contumace pour des crimes commis durant la guerre civile syrienne. Il a été reconnu coupable notamment de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, d’assassinats avec préméditation et de tortures ayant entraîné la mort. Son frère Maher al-Assad et plusieurs anciens responsables du régime ont également été condamnés à mort.
La sentence a été prononcée par le juge Fakhr al-Din al-Aryan. L’audience a été retransmise par la télévision d’État syrienne.
Un jugement par contumace signifie qu’une personne est jugée et condamnée en son absence. C’est le cas de Bachar al-Assad, qui a fui la Syrie dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024, après la chute de son régime, et s’est réfugié en Russie avec sa famille. Moscou lui a accordé l’asile.
Dans ces conditions, l’exécution de la sentence paraît hautement improbable à court terme. Sa remise aux autorités syriennes dépendrait notamment d’une éventuelle décision russe, alors que Bachar al-Assad bénéficie de la protection de Moscou.
La chute du régime Assad, en décembre 2024, avait mis fin à plus de cinq décennies de pouvoir de la famille Assad. Bachar avait succédé à son père, Hafez al-Assad, en 2000 et dirigé la Syrie pendant près de 24 ans.
Le soulèvement populaire de mars 2011, déclenché notamment à Deraa après l’arrestation et les mauvais traitements infligés à des adolescents accusés d’avoir inscrit des slogans hostiles au pouvoir, avait été violemment réprimé par les forces du régime. Cette répression avait contribué à transformer les manifestations en un conflit qui allait ravager le pays pendant quatorze ans.
La condamnation de Bachar al-Assad constitue ainsi une étape majeure dans les procédures engagées contre les responsables de l’ancien régime. D’autres procès devraient se poursuivre contre d’anciens responsables politiques, militaires et sécuritaires.





