1ère : 24 mai 2021 – neuf mois après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta (le 18 août 2020), a lieu un remaniement ministériel écartant certains membres influents du Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP). Cette manœuvre est vue comme une violation de la Charte de la Transition et surtout une tentative d’affaiblir le CNSP par la division. Par conséquent, les membres du comité se réorganisent pour arrêter le président de la Transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane le 24 mai 2021. Dès lors, le Colonel Assimi Goïta, jusqu’alors Vice-président de la Transition, décide d’assumer la tête de l’État. Son investiture officielle se déroule le 7 juin 2021. Ainsi débute la phase de la ” rectification ” de la Transition.

2ème : 20 juillet 2021 – tentative d’assassinat à l’arme blanche du nouveau président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, à la Grande mosquée de Bamako lors de la prière de l’Aïd al-Adha (Tabaski). La vidéo a choqué tous les Maliens. Venu fêter en communion avec les fidèles musulmans ce jour-là, le Chef de l’État était assis tranquillement parmi d’autres hauts responsables quand un homme s’est levé dans la foule et s’est jeté sur lui avec un couteau dirigé vers son cou. Le président Goïta ne doit la vie sauve qu’à ses réflexes d’agent de force spéciale et à l’intervention rapide de ses gardes-du corps.

3ème : 11 et 12 mai 2022 – tentative de coup d’État déjouée par les autorités de la Transition. L’action est menée par un groupuscule d’officiers et de sous-officiers maliens soutenus par un État occidental. Seront alors interpellées de nombreuses personnes dont un membre du Conseil national de Transition (CNT).

4ème : 10 juillet 2022 – 49 militaires ivoiriens sont interpellés à l’aéroport de Bamako. Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État malien en tant que mercenaires. Après condamnation à de lourdes peines en décembre 2022, ils sont graciés le 6 janvier 2023 par le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, avant d’être renvoyés à Abidjan. Cet incident a refroidi fortement les relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

5ème : 22 juillet 2022 (1ère attaque terroriste Kati) – première attaque complexe menée par des kamikazes avec deux voitures piégées contre la base militaire de Kati. Elle est revendiquée par les groupes terroristes affiliés à la Katiba Macina, elle-même alliée du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM).

6ème : 17 septembre 2024 : Bamako s’est réveillé avec une attaque simultanée de l’école de gendarmerie de Faladié et de la zone aéroportuaire de Bamako. De nombreuses victimes et des dégâts matériels considérables dont l’avion présidentiel. Encore une fois, elle est revendiquée par le JNIM.

7ème : 11 août 2025 – énième tentative de coup d’État déjouée impliquant de haut gradés de l’armée malienne. Les services de sécurité procèdent à l’arrestation de plus de 45 officiers, dont le général Abass Dembélé et la générale Néma Sagara et un ressortissant français, Lieutenant-colonel Yann Christian Bernard Vézilier, agent des services de renseignement français (DGSE). Ce dernier sera condamné à 20 ans de prison avant de bénéficier d’une grâce présidentielle le 13 août 2026.

8ème : Début septembre 2025 – lancement des opérations terroristes visant à bloquer les corridors commerciaux et logistiques reliant le Mali aux pays voisins (Guinée, Sénégal, Mauritanie, Côte d’Ivoire) dans le but de perturber l’approvisionnement de Bamako et des grands centres urbains en carburant et en produits de première nécessité. Ainsi, les Forces armées maliennes (FAMAs) ont dû organiser des convois militaires et des escortes pour assurer la poursuite normale du trafic sur les axes routiers concernés. Cette opération spéciale de l’armée se poursuit toujours.

9ème : 25 avril 2026 (1ère offensive coordonnée d’envergure JNIM et FLA) – deuxième attaque de Kati, simultanément avec d’autres offensives terroristes ciblant les localités comme Bamako, Gao, Mopti, Sévaré et Kidal. Une alliance de circonstance entre les séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les terroristes du JNIM entraîne notamment la perte de la ville stratégique de Kidal et des pertes critiques au sommet de l’appareil sécuritaire, dont la disparition du ministre de la Défense, le général Sadio Camara.

10ème : 4 juillet 2026 (2ème offensive coordonnée d’envergure JNIM et FLA) – pour la deuxième fois, la coalition de circonstance JNIM et alliés indépendantistes touaregs ont coordonné des attaques simultanées contre les villes de Gao, Anéfis, Aguel-hoc, Sévaré, Konna et la prison de Kenioroba. Sur tous ces fronts, les Forces armées maliennes et partenaires ont vigoureusement riposté pour défendre leurs positions et repousser les GAT (groupes armés terroristes).

Sans nul doute qu’il y en a d’autres. Mais de toutes ces douloureuses épreuves vécues durant ces 6 dernières années émerge une évidence : le prix de la souveraineté est lourd, cruel, agaçant, imprévisible, et surtout personne ne viendra le payer à notre place. Aujourd’hui, au-delà des amalgames et des oppositions intestines futiles et évitables, la plus grande menace qui plane sur la marche de l’Action du Mali est la lassitude. L’échec des révolutions les plus justes vient le plus souvent du manque de soutien populaire constant dans la matérialisation des idéaux. Et non du manque de bravoure ou de héros de circonstance.

Que l’Éternel continue de préserver notre chère patrie !

Aboubacar Abdoulwahidou MAIGA