Dans les pays de la confédération de l’alliance des États du Sahel (AES) il y a un changement de cap avec de nouveaux partenaires qui aident surtout sur le plan sécuritaire. Au Mali, ses partenaires les plus en vus ont pour noms la Russie, la Chine et la Türkiye. Ces partenariats forts entre le Mali et ces pays se fait au détriment de pays comme la France et les États-Unis qui jusque-là étaient les principaux partenaires militaires et économique du pays. Comment expliquer cette mutation et quels sont les véritables retombées pour le Mali.

« L’état-major général des armées informe l’opinion nationale que le samedi 04 juillet 2026 les Forces armées Maliennes en collaboration avec leur partenires stratégique d’Africa Coprs, ont vigoureusement repoussé une tentative d’attaque à Konna et Somadougou » il s’agit de l’entame d’un communiqué de la Direction de l’Information et des Relations Publiques de l’Armée. Tout comme ce communiqué, le partenaire Russe Africa Corps est cité dans pratiquement tous les communiqués relatifs aux opérations de l’armée malienne sur les théâtre des opérations. Ce qui témoigne de son poids dans la lutte contre le terrorisme au Mali. Pour Dr Ahmadou Touré, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Administratif et Politique de Bamako, ce choix porté sur la Russie au détriment d’autres partenaires à une explication.

« La Russie a apporté son soutien au Mali au moment où il en avait vraiment besoin. Il n’y a pas une politique paternaliste russe contrairement à l’ingérence des puissances occidentales. Cette coopération a permis à la Russie de gagner plus de terrain au Mali et au niveau de l’AES. Ce qui à mon avis a remplacé la coopération avec les États-Unis et la France » explique-t-il.

Aux côtés de la Russie, s’il y a un partenaire qui jusque-là n’était connu des maliens que pour la qualité de son plateau technique et qui a depuis a changé de dimension au cours de cette transition c’est bien la Türkiye. Comme la Russie, il s’est fait une place dans le domaine sécuritaire en fournissant des drones de dernières générations aux autorités de la transition. Fort de ce partenariat des armements, la Türkiye va organiser à Bamako du 09 au 13 Novembre 2026, la deuxième édition du salon international de la défense et de l’armement. Une aubaine pour la Türkiye car les hauts gradés de plusieurs pays africains font partie des invités.

« On peut le dire, c’est à partir de ce salon que la Türkiye veut étendre ses relations avec les pays voisins car leurs responsables sont invités. C’est donc une façon pour elle de faire connaitre ses équipements militaires  à tous au-delà du Mali » pense le journalistes Ousmane Morba.

Partenaire du Mali tout comme à la Russie aux premières heures des indépendances, la Chine depuis quelques années refait son retard et s’installe progressivement à une place jadis occupée par d’autres partenaires notamment européens. Si elle n’est pas au même niveau que la Russie et la Türkiye dans la collaboration militaire, elle l’est plus dans le secteur du développement et est à ce jour l’un des rares pays à avoir reçu en visite officielle le Président de la transition malienne, Assimi Goïta du 04 au 06 Septembre 2024. Le journaliste Aboubacar Berthé, directeur de publication de l’hebdomadaire le « Serment du Mali » énumère quelques apports de la Chine au Mali.

« L’hôpital du Mali, le troisième pont appelé pont d’amitié Mali-Chine, les maisons des femmes dans les régions et à Bamako et l’université Yambo Ouologuem de Kabala sont entre autres apports de la Chine pour développer le Mali sur le plan des infrastructures »

Malgré la montée en puissance de ces trois partenaires, les autorités de la transition malienne ne ferment la porte à aucun partenaire à condition de respecter les trois principes édictés que sont : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des partenaires et la défense des intérêts du peuple malien. C’est pourquoi Dr Ahmadou Touré estime que la France et les États-Unis peuvent revenir.

« Le Mali dans sa nouvelle constitution à l’article 34 parle du   respect de ces choix.  Donc les États-Unis et la France peuvent bien sûr revenir mais à condition de respecter ces principes désormais inscrits dans la constitution du pays » dit-il.

Et avec la Chine qui a annoncé la fermeture temporaire de son service consulaire le 14 Août dernier  sans déterminer une date de reprise on comprend qu’en diplomatie les choses peuvent aller très vite et surtout que le Mali est engagé dans un processus de dégel de ses rapports avec de nombreux pays.

Mohamed DAGNOKO