Dans les ateliers de peintures qu’elle organise depuis quelques années, Massira Touré, enseignante en peinture et en dessin au conservatoire de Bamako veut briser le mythe autour des œuvres d’art, les rendre plus accessibles au commun des maliens et faire d’eux les futurs clients.
Au conservatoire des Arts et multimédias, Balla Fasséké Kouyaté de Bamako, Massira Touré dispense ses cours de peintures et de dessins au milieu des arbres.
Cette classe atypique favorable à l’inspiration des futures artistes. Au-delà d’enseigner à des étudiants, elle organise dans sa galerie « Agansi » des ateliers de peintures cette fois-ci destinés aux enfants et adultes. Une initiative inspirée de sa propre histoire avec l’art.
« Moi-même j’ai découvert les métiers de l’Art à travers des ateliers de peintures. J’ai eu la chance de tomber sur un professeur de lycée qui avait beaucoup d’initiatives et avait créer des ateliers les jeudis soirs dans mon école »
Ayant appris l’Art sur le tard et s’être ensuite formée, elle a compris que ces ateliers à l’endroit des populations lambda est un meilleur moyen de rendre l’Art accessible ce qui peut être une solution à la mévente des œuvres d’Art au Mali.
« J’ai eu à étudier avec beaucoup d’artistes et à la sortie on a beaucoup qui n’arrivent pas à vendre leurs œuvres paracerque la population ne comprend pas ce qu’ils font. Donc je me suis donne pour mission de former les enfants, les adultes tous ceux qui ne sont pas dans le monde de l’art de les former, les informer et les sensibiliser sur l’art, leur montrer ce que s’est pour qu’ils puissent être des connaisseurs et aussi des consommateurs pour le futur »
Dans un secteur dominé par les hommes, elle travaille à faire changer la donne depuis la création de sa galerie en 2017.
« L’année passée on a fait une résidence qu’on a appelé la voix des plasticiennes du Mali qui a réuni 10 plasticiennes, l’idée c’était de créer un espace d’échanges et de créations pour les femmes, pour qu’on puissent s’entraider »
Avec ces citoyens formés et sensibles à l’art elle prépare le terrain pour ses étudiants qui pourront demain avoir une clientèle malienne.
Mohamed Dagnoko





