Dernièrement l’actualité s’est emparée des déplacements de trois chefs d’État. Il s’agit du camerounais, Paul Biya, du guinéen, Mamadi Doumbouya et du sénégalais, Diomaye Faye. Leurs déplacements privés ont fait couler beaucoup d’encres et de salives. Leurs retours tout autant. La transparence et la redevabilité à outrance ne laissent pratiquement plus de sphères privées aux présidents de nos pays.

Paul Biya vient de battre un nouveau record d’absence à la tête de son pays : 74 jours. Pendant tout ce temps, il n’a pas été vu en public. Selon un communiqué de son cabinet, depuis le 07 Juin, le président était en visite privée. Si dans le communiqué le cabinet parlait  d’un « court séjour » il faut croire que le séjour a été très long au point de susciter de nombreux débats dans l’opinion et sur les réseaux sociaux.

Et avec l’outrance qui caractérise les réseaux sociaux, certains internautes sont allés jusqu’à annoncer le décès de Paul Biya là où le journal Jeune Afrique écrivait qu’il était interné dans un hôpital à Genève.

En manque d’arguments, car étant eux-mêmes sans nouvelles de Biya, c’est donc naturellement que ses partisans sont sortis nombreux pour lui réserver un grand accueil ce jeudi 20 Août.

Avec la foule massée pour lui souhaiter la bienvenue chez lui, on devine aisément que ces partisans eux-mêmes avaient pensé au pire.

« Je suis là pour le voir de mes propres yeux et le voir saluer la foule en levant la main, car les morts ne peuvent pas lever la main » disait une militante de son parti dont les propos ont été relayés par des médias camerounais.

Si contrairement à Paul Biya, les vacances annoncées de Mamadi Doumbouya n’ont pas été longues, il faut dire que les supputations étaient pratiquement les mêmes.

En seulement 11 petits jours en Grèce avec sa famille, chaque jour en guinée, des supputations de tentatives de coups d’État émaillaient la toile.

La désignation du secrétaire général de la présidence, le général Amara Camara pour assurer la continuité des travaux aveint aussi fait couler son lot d’interprétations allant jusqu’à acter une transmission en douce du pouvoir par  Mamadi  Doupbouya à son homme de confiance compte tenu de son état de santé.

Il faut aussi dire que le communiqué de l’état-major général des Armée lu à la télévision, à peine que Doumbouya  ait quitté le pays pour lui témoigner son soutien n’a pas faciliter les choses.

Pour beaucoup, le retour précipiter de Doumbouya le 14 Août s’explique par le fait que lui-même avait commencé par être atteint par ces rumeurs et supputations.

L’accueil à son retour et le cafouillage dans son convoi laisse entrevoir toute la part d’imprévisibilité autour de Doumbouya et de son pouvoir.

Diomaye lui, son cabinet à juste parler d’un déplacement privé. Personne ne savait où est-ce qu’il allait. Dans un Sénégal très regardant sur les règles démocratiques, il était inconcevable que le Chef de l’État qui voyage au frais du contribuable puisse cacher sa destination. Le levée de bouclier a clairement fait savoir que c’était un manquement à la transparence au sommet de l’État. Une question de trasparence qui d’ailleurs met à rude épreuve les relations entre l’exécutif et le législatif.

Coïncidence, Diomaye Faye a atterrit quelques heures après Paul Biya au Cameroun.

De ces trois déplacements privés, il faut retenir que les peuples sont désormais de plus en plus exigeants à l’endroit de ceux qu’ils ont élu.

Mohamed DAGNOKO